20 May 2013 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Nos amis cubains

La semaine dernière, j’ai rencontré le vice-président cubain Miguel Diaz Canel Bermudez à La Havane. Cuba a toujours été d’une grande générosité envers le peuple haïtien et cette rencontre très féconde fut l’occasion pour nous de réaffirmer notre désir commun de collaborer.

Nous avons notamment conclu de continuer et même d’élargir la coopération bilatérale dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la culture, de la science vétérinaire, de la pêche, ainsi que dans l’industrie du sucre, du fer et de l’acier.

Haïti a beaucoup de choses en commun avec Cuba, notamment avec sa géographie, son histoire, sa culture et même avec sa vulnérabilité face aux catastrophes naturelles. C’est donc avec une grande satisfaction que je suis revenu de mon court voyage là-bas, et aussi avec le sentiment  que l’amitié entre Cuba et Haïti semble plus forte que jamais.

« Haiti is Open for Business » est plus qu’un slogan pour mon gouvernement. C’est une idéologie qui me tient vraiment à cœur, car je suis convaincu que c’est à travers les investissements privés que nous redynamiserons l’économie haïtienne. L’administration Martelly / Lamothe a fait de l’économie l’une de ses priorités, et j’ai eu l’occasion de le souligner récemment, à l’Hôtel Karibe de Port-au-Prince, lors du Forum économique du secteur privé où les acteurs du milieu des affaires ont pu échanger et partager leurs visions pour faire d’Haïti un lieu attrayant pour les investisseurs.

Il n’y a pas si longtemps, avant que l’équipe Martelly / Lamothe ne prête serment, chacun travaillait de son côté pour essayer de trouver des stratégies qui stimuleraient l’économie du pays. Les entrepreneurs, les différentes associations patronales, les chambres de commerce et commissions diverses travaillaient fort, mais aucune stratégie concertée n’était mise sur pied. C’est une chose du passé. Mon gouvernement a mis l’élaboration d’un plan global de développement économique au cœur de ses priorités.

Nous voulons faciliter les investissements privés. Je crois que c’est cela qui permettra à Haïti de devenir un pays émergent d’ici 2030. C’est une période charnière dans l’histoire haïtienne, car peut-être n’avons-nous jamais vu une si grande volonté politique de vitaliser l’économie du pays. C’est dans cette optique que le Conseil de développement économique et social est en train de mettre en place un groupe d’action stratégique pour stimuler l’économie à court et à moyen terme. Une série de mesures seront élaborées pour fédérer les efforts de tous les acteurs économiques au plan national et international. Fini le temps où chacun travaillait de son côté! Il est important de travailler ensemble de façon cohérente, planifiée et efficace pour obtenir les résultats escomptés.

Le gouvernement donnera tous les moyens à ce groupe d’action, qui sera représenté par différents secteurs, afin que Haïti se redresse définitivement de son économie stagnante. Et n’allez pas croire que la solution ne passe que par les investissements étrangers! Au contraire, je crois que les investissements privés locaux sont primordiaux dans la reconstruction du pays, que ce soit dans les initiatives entièrement haïtiennes ou dans le travail en synergie et les projets de coentreprise. Le pays a besoin du support total du milieu des affaires haïtien. Sans lui, rien n’est possible. Nous devons travailler ensemble dans un but commun : faire en sorte que chaque citoyen soit fier d’être haïtien! Et cela passe inévitablement par la stimulation de l’investissement local.

L’État fait sa part en rénovant les aéroports et les espaces portuaires. Il s’assure aussi que le pays soit sécuritaire et que la gouvernance soit transparente. Il combat la corruption sur tous les fronts et travaille à redorer l’image du pays et ainsi redonner confiance aux investisseurs, aux Haïtiens ainsi qu’au monde entier.

Déjà, on le voit, les choses changent. Nous avons obtenu une croissance économique de 6.5% cette année et les infrastructures du pays se remettent sur pied à une vitesse considérable. Beaucoup reste à faire, mais nous voyons tous que les choses avancent. Nous sommes sur la bonne voie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 May 2013 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Haïti : un leader dans les Caraïbes

La semaine dernière, à Port-au-Prince, nous avons eu l’honneur de recevoir les membres de l’Association des États caribéens (ACS) lors du 5e sommet de cette importante organisation.  Je suis très fier de cet accomplissement, car un évènement d’une telle envergure nécessite une logistique efficace et des dispositions de sécurité sans faille.

C’est plus d’une douzaine de chefs d’État qui ont pu assister au sommet sans qu’aucun incident n’ait lieu. Voilà pour moi une grande source de fierté. Maintes nations possédant beaucoup plus de ressources et faisant face à moins d’adversité que nous ont souvent reconnu la grande difficulté de coordonner ce genre d’évènement. Certains souhaitaient même nous voir échouer dans cette entreprise en précisant que nous n’aurions pas dû être les hôtes du Sommet, parce qu’ils croyaient que nous ne pouvions pas garantir la sécurité de nos visiteurs ou même être en mesure de les loger adéquatement.

Le succès du 5e Sommet de l’ACS est donc  un autre pas dans la bonne direction pour notre pays. Le monde prend enfin conscience qu’Haïti est une destination sécuritaire et que notre infrastructure touristique est prête à accueillir les voyageurs. En effet, les dignitaires ainsi que tous les journalistes couvrant l’évènement ont pu être logés dans des hôtels dignes de n’importe quel grand hôtel international.

J’étais ravi d’entendre les participants parler de cet évènement en termes élogieux. Les progrès d’Haïti ne passent pas inaperçus, je peux vous l’assurer! Les présidents Enrique Pena Nieto du Mexique et Juan Manuel Santos de la Colombie n’ont pas manqué de nous féliciter pour ce tour de force.

Cette rencontre n’était pas seulement l’occasion de montrer à quel point nous avons progressé depuis que nous sommes en poste. Elle a aussi permis aux pays présents de s’entendre sur des dispositions à prendre collectivement dans plusieurs dossiers, notamment la préservation et la conservation de la Mer des Caraïbes, le tourisme et l’économie, les catastrophes naturelles et enfin le transport entre les États membres.

Surtout, ce fut l’occasion pour l’administration Martelly / Lamothe  de se démarquer et d’assumer un rôle de leader dans les affaires carribéennes. Notamment, nous avons pu consolider nos relations avec Cuba et le Venezuela, qui nous ont beaucoup aidé depuis le tremblement de terre de 2010. J’aimerais aussi souligner l’heureuse présence, en tant que membre observateur, du président chilien Sebastian Pinera, qui a toujours été très généreux avec le peuple haïtien.  Plus tôt dans la semaine, nous avions aussi reçu le président Correa de l’Équateur, qui n’a pas pu participer au Sommet, mais qui a visité les sites où sont postées les troupes équatoriennes au sein de la MINUSTAH. J’ai pris conscience cette semaine qu’Haïti a des amis très influents qui sont enthousiasmés par nos progrès et qui sont très optimistes pour la suite des choses.

Tout cela augure bien pour les Haïtiens et Haïtiennes, car trop longtemps nous sommes restés à l’écart des discussions politiques régionales d’importance. Haïti est passé à autre chose et prend maintenant la place qui lui revient!

1 May 2013 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Haiti: A Leader in the Caribbean

Last week Port-au-Prince was graced with the visit of nearly 20 heads of state or government.  We welcomed the members of the Association of Caribbean States (ACS) at the 5th summit of this important organization. I am very proud of this accomplishment, as the organization of an event of this magnitude requires efficient logistics and flawless security arrangements.

That over a dozen heads of state attended the summit without incident is something that bring me great pride.  Other nations with more resources and without the kind of reconstruction woes that we have faced have often complained about how difficult it is to coordinate the visit of so many dignitaries.  There were even those who were counting on our failure, noting that this was not something that we ought to embark on because we could not guarantee the safety of our visitors or even have adequately places to house them.

The successful conclusion of the 5Th Summit of the ACS is an enormous step forward for Haiti.  We showed the world that Haiti is a safe tourist destination and our infrastructure is ready to accommodate travelers. Indeed, dignitaries, delegates and visiting journalists covering the event were accommodated in Port au Prince’s brand new international hotels.

I was thrilled to hear from each and every participant, especially from the heads of state in attendance, how much they appreciated our hospitality and how impressed they were with the organization of the event and the direction that our country is taking.  Haiti’s progress has not gone unnoticed.  I am not violating any confidentiality by sharing with you the comments of presidents of Mexico Enrique Pena Nieto and Juan Manuel Santos of Colombia who congratulated us for this tour de force.

The Summit was not only a place where we showcased how far Haiti has come since we assumed office.  The meeting allowed countries to discuss and agree on several issues, including the preservation and conservation of the Caribbean Sea, tourism and the economy, natural disasters and finally the interstate transportation members.

More important, the Fifth Summit of the ACS was an opportunity for the Martelly / Lamothe administration to assume a leadership role in Caribbean Affairs.  Haiti consolidated its relations with countries such as Cuba and Venezuela– that have provided significant assistance to us as we recovered from the 2010 earthquake.  I would also like to acknowledge the visit of Sebastian Pinera the Chilean President,  as an observing member of the summit.  President Pinera,  has always been very generous with the Haitian people and we were delighted to host him.  Earlier in the week we also received President Correa of Ecuador who did not attend the summit but came to tour sites where Ecuardoean troops are performing duties as part of the MINUSTAH force.  I realized this week that we have a broad range of important friends around the Hemisphere who are enthused about our progress and optimistic about our future.

All this augurs well for Haiti and for Haitians.   For too long our country was absent from crucial regional discussions.  In successfully organizing last week 5th ACS Summit we made it clear that Haiti is assuming its rightful place in regional discussions and that it is indeed moving forward at home.

23 April 2013 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

L’accès à l’éducation en créole

La semaine dernière, j’étais de passage à la prestigieuse Massachussetts Institute of Technology (MIT) afin de signer un accord important pour l’avenir de l’éducation en Haïti. Il s’agit d’une entente conjointe entre cette université et Haiti afin de promouvoir l’utilisation du créole dans l’enseignement des sciences, des mathématiques, du génie et de la technologie. Je suis très enthousiasmé par ce projet prometteur.

L’accès à l’éducation en Haïti a toujours été problématique. 91.7% des écoles sont privées et il en coute en moyenne 220$ par enfant pour une inscription annuelle. Or, le revenu annuel par habitant est de 750$ et une famille haïtienne compte souvent plus de 4 enfants! L’ampleur du problème est là devant nos yeux, en chiffres… Que l’éducation soit réservée à une élite minoritaire, cela a déjà fait l’affaire d’anciens leaders du pays, qui souhaitaient garder le peuple dans l’ignorance. Mais ce temps est heureusement révolu.

L’administration Martelly / Lamothe a fait de l’éducation une de ses grandes priorités, car nous croyons que le savoir permet l’avènement d’une société plus juste et prospère. Nous avons financé l’accès à l’école grâce à certaines taxes, notamment sur les transferts d’argent et les appels téléphoniques. Cette mesure a permis à des centaines de milliers d’enfants d’accéder gratuitement à l’école primaire depuis deux ans.

Au-delà de l’accès à l’éducation, nos jeunes enfants doivent pouvoir apprendre à travers leur propre langue, le créole. Toutes les écoles du pays fonctionnent en français, alors que 97% de la population parle le créole! C’est ce que le projet du MIT souhaite concrétiser : permettre aux jeunes Haïtiens et Haïtiennes d’accéder au savoir à travers leur langue natale.

L’initiative peut sembler logique et naturelle, mais la question de la langue d’enseignement reste néanmoins un sujet tabou en Haïti. Pour ma part, je n’ai pas peur de mes convictions et je n’ai surtout pas honte de ma langue. Saviez-vous que notre gouvernement était le premier au monde à diffuser son Conseil des ministres en direct? Et qu’il le fait en créole? Nous sommes Haïtiens. Nous parlons créole. Nous nous ouvrons au reste du monde. Nous poursuivons notre marche vers l’avant!

17 April 2013 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Haïti en avant

Ici comme ailleurs, des changements dans les gouvernements surviennent inévitablement. Tout récemment, j’ai eu le plaisir d’accueillir Wilson Laleau en tant que nouveau ministre de l’Économie et des Finances. Je sais qu’il poursuivra efficacement le travail de sa prédécesseure, car il aura tout le support du gouvernement.

Je suis un leader responsable et mon rôle consiste à protéger les institutions. Ce qui importe pour Haïti, c’est de maintenir la stabilité et continuer à suivre la ligne du gouvernement, dans la transparence de la gestion des finances publiques et la poursuite de la lutte contre la corruption. C’est dans ce sens que mon gouvernement travaille. Les défis sont nombreux, mais la situation se redresse lentement.

La progression de grands chantiers de construction est particulièrement encourageante. L’asphaltage de bon nombre de routes à travers le pays est terminée, notamment à Cap-Haïtien (rues de la ville, tronçons SOS Rocade et Labadie), dans l’Artibonite (carrefour Puilboreau / Marmelade) et à Kenscoff. Plusieurs autres routes seront terminées en août 2013, comme à Canapé Vert, la Baie de l’Acul du Nord et à l’Arcahaie.

Plus encore, la construction de plusieurs centres de santé sera complétée pour cet été à Cabaret, Saut d’eau, Chansolme, Coteaux et Baradères. Il y a également les salles d’urgence des hôpitaux départementaux du Sud et du Nord qui seront agrandies. Dans le département du Nord-Est, c’est le service d’urgence en entier de l’hôpital qui sera reconstruit. Ce sont des réalisations capitales pour le peuple haïtien cet été.

Nous planchons également sur d’autres grands chantiers à travers le pays. À Jacmel, nous refaisons le bord de la mer, le Centre de convention et la Place publique en vue de stimuler l’économie touristique. Dans plusieurs villes (Ouanamithe, Mirebalais, Gonaïves, Jacmel et Les Cayes), nous construisons des parcs sportifs pour les jeunes Haïtiens et Haïtiennes. Dans Port-au-Prince, l’élaboration du « Corridor administratif » et la reconstruction de plusieurs ministères vont bon train. À Morne Cabri, nous construisons 3000 logements; vous pouvez d’ailleurs voir la photo sur ma page Facebook en cliquant ici. Autant de projets qui demandent les efforts du gouvernement à tous les niveaux.

Nous sommes également conscients de la situation des plus vulnérables en Haïti. Les divers programmes du Fonds d’assistance économique et sociale roulent à plein régime. À tous les jours, EDE PÈP vient en aide à des milliers d’Haïtiens et Haïtiennes dans le besoin. Jusqu’à maintenant, plus de 70 000 mères ont bénéficié du programme TI MANMAN CHERI; plus de 21 000 étudiants ont profité du programme KORE ETIDYAN; près d’un demi-million de paniers « SOLIDARITE » ont été distribués; plus d’un demi-million de plats ont été servis dans le cadre de la KANTIN MOBIL; plus de 32 000 kits de semence ont été donnés aux agriculteurs du programme KORE PAYSAN; plus de 128 000 paiements ont été effectués via BONS DIJANS… L’administration Martelly-Lamothe est là pour son peuple. Nous travaillons pour lui.

En outre, nous agissons jour après jour pour combattre la faim. Mais nous avons aussi mis en place une série de mesures supplémentaires pour les mois d’avril à juin qui s’annoncent difficiles dans certaines régions du pays. Nous distribuerons 50 000 kits alimentaires à chaque mois; nous mettrons à la disposition des moins bien nantis 6 autres cantines mobiles (48 000 repas chauds dans les 6 départements les plus touchés par la faim); nous donnerons 50 000 bons d’urgence de 1000 gourdes pour les familles en situation d’urgence, et nous distribuerons 15 000 kits de semence agricole.

Enfin, j’aimerais rappeler que lorsque l’équipe en place a été élue au pouvoir en 2011, 1.5 millions de personnes vivaient dans des tentes et le pays se trouvait au 175e rang dans l’échelle de l’indice de perception de corruption de l’organisme Transparency International. Aujourd’hui, 320 050 personnes restent à être logées et nous avons grimpé au 165e rang en matière de corruption. Il reste du travail à faire. Beaucoup de travail! C’est pourquoi nous faisons de notre mieux pour lutter contre la pauvreté extrême et la corruption. Chaque jour, tous les membres de ce gouvernement s’y acharnent. Nous progressons.