16 May 2014 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

« Ayiti ap vanse »

C’est un sentiment d’honneur, de fierté que d’être associé au plus haut niveau à cette quête de changement pour le peuple haïtien prôné par le président Michel Joseph Martelly. Voilà déjà deux ans que j’exerce les fonctions de chef de gouvernement après un passage à la chancellerie comme ministre des Affaires étrangères où j’ai initié le concept de diplomatie d’affaires en Haïti. A l’heure du bilan, je voudrais simplement m’adresser à mes concitoyens. Il était très difficile d’accepter le climat d’insécurité qui régnait dans le pays. C’est pourquoi à la demande du président de la République, j’ai entrepris avec mon gouvernement une croisade contre l’insécurité en renforçant les capacités humaines et matérielles de la PNH. Ainsi, les effectifs de la police sont passés à près de 11000 hommes. Des efforts considérables sont faits pour améliorer les conditions de travail des policiers (prestations sociales, soins de santé..). Les résultats obtenus sont encourageants puisque notre pays a maintenant l’un des taux de criminalité les plus faibles de la Caraïbe. Le gouvernement s’est aussi attelé à la lutte contre la corruption. Une loi de prévention et de répression de la corruption a été votée le 10 mai 2014. Sachant que le renforcement de la démocratie passe par la consolidation des institutions et la stabilité politique, nous avons travaillé à leur restauration pour éloigner le spectre de la mauvaise gouvernance et de l’instabilité politique qui a caractérisé notre pays depuis plus de 30 ans. Ce choix est le meilleur chemin pour atteindre les objectifs de réduction des inégalités et de création d’emplois. C’est dans cet esprit que le gouvernement a accepté la médiation du cardinal Langlois qui a abouti à l’Accord d’El Rancho, marquant sa volonté d’ouverture. Le remaniement du gouvernement s’inscrit dans cette dynamique. Le président Martelly et moi-même avons voulu ainsi conforter le consensus pour mener à bien les chantiers de la refondation et renforcer l’unité nationale en amont des élections législatives et communales. Ce rendez-vous aux urnes constitue une étape très importante pour notre pays. Nous avons fait du redressement de l’économie l’une de nos priorités. A l’arrivée du président, tous les indicateurs macroéconomiques étaient au rouge. C’est ce qui a justifié qu’un vaste programme de réforme de l’Etat, dont celui des finances publiques, a été engagé. Aujourd’hui, des signes encourageants sont visibles. Par exemple, le PIB avait chuté de près de 5,4%. La reprise est aujourd’hui au rendez-vous, avec une croissance portée à 4,3 % en 2013 et une inflation maîtrisée. La modernisation de l’environnement des affaires a permis une augmentation annuelle des investissements directs étrangers de 20% par rapport à 2010-2011. Pour la deuxième fois consécutive, Haïti arrive en seconde position dans le « classement des croissances économiques des pays des Caraïbes ». Nos efforts prioritaires ont également porté sur la solidarité sociale avec de nombreux programmes pour améliorer les conditions de vie des Haïtiens les plus défavorisés. Fòk pèp la jwenn. Grâce à des initiatives innovantes la pauvreté a reculé : 122 000 personnes bénéficient de Ti manman chéri, 246 restaurants communautaires ont été créés dans les quartiers les plus vulnérables, 31 000 étudiants bénéficient du programmes Kore Etidyan, 80 000 kits de semence et 14 000 kits de pêche ont été distribués dans le cadre du programme Kore Peyzan, 250 000 bons de solidarité ont été octroyés aux plus démunis. Le gouvernement vient de lancer, il y a trois jours, le programme social le plus ambitieux de l’histoire d’Haïti. Bien que l’éducation gratuite soit inscrite dans la Constitution haïtienne, aucun gouvernement ne l’avait appliquée. Nous sommes fiers de constater que 1,5 million d’enfants sont scolarisés dans le cadre du programme PSUGO, 150 000 personnes ont été alphabétisées et un million d’enfants profitent du programme de cantine scolaire gratuite. C’est l’occasion de remercier la diaspora pour sa contribution à travers le Fonds national d’éducation. Pour satisfaire le besoin de santé de la population, un réseau national se met en place à travers tout le pays: hôpitaux, dispensaires et centres de soins. Plus de 700 kilomètres de route ont été construits ou rénovés et 6 400 lampadaires ont été installés. Mais le succès d’un gouvernement ne se limite et ne se mesure pas seulement avec des chiffres. C’est aux citoyens d’exprimer leur satisfaction et je peux vous affirmer que je suis à l’écoute de leurs attentes. A travers « Gouvènman an Lakay ou » ils ne cessent de faire entendre leurs cris d’espoir d’un lendemain meilleur. A cela s’ajoute les huit plans spéciaux lancés dans les îles adjacentes et les zones les plus vulnérables. Nous travaillons jour et nuit pour redresser un pays miné par des années de catastrophes, de désordre et d’incertitudes. Nous espérons faire d’Haïti un pays émergent en 2030 en créant un climat propice aux investissements nationaux et étrangers. Nos progrès ne doivent pas être pris en otage par l’intransigeance de quelques-uns et l’impatience des autres. Si des blocages persistaient, ils pourraient nous ramener en arrière et raviver les chaos du passé. Il nous faut aller vers les élections Tèt dwat. Aujourd’hui, je célèbre mes deux années à la Primature de notre Ayiti chérie. Je veux encore rendre hommage au président Martelly pour sa confiance et saluer tous les membres du gouvernement pour le travail accompli et les sacrifices consentis. Je souhaite que ce bilan soit partagé avec tous les Haïtiens. Wè pa wè, Ayiti ap vanse, Tèt kale !

12 May 2014 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Haiti’s progress held back by politics of the past.

Over the course of the past three years, I have had the honor of serving as Haiti’s prime minister. During this period, apart from helping President Michel Martelly launch the most ambitious social policy programs in the history of our country, our principal objective has been to move Haiti’s democracy toward firmer footing and away from the instability that has characterized our political system since the mid 1980s.

A stable and democratic Haiti is the only way that our country will be able to achieve the common goals of reducing poverty, reducing inequality and creating employment.

The results of our efforts have received high praise from institutions such as the International Monetary Fund and the World Bank. Indeed Haiti has ranked second in the Caribbean in economic growth for two consecutive years while simultaneously maintaining a very stable macroeconomic environment.

While we would like our economic growth to be greater, for the reconstruction to go faster, and for our social programs to cover all Haitians, we are certain that we are doing things correctly. A vast majority of our citizens seems to agree — in several independent public opinion polls, our social policy is well liked and people are generally supportive of our government.

Despite all of these positive signs, our progress is being held hostage by the intransigence of a few politicians who, unfortunately, are tied to the turmoil and chaos of the past and who today are again resorting to anti-democratic actions to block legislative and municipal elections slated for October.

During the past 18 months, our government has worked diligently to make possible the holding of these long-delayed elections. With the mediation of Cardinal Langlois, Haiti’s first cardinal, we entered into a historic round of negotiations with the opposition.

For several weeks, President Martelly himself participated in the negotiations held at El Rancho, one of Port-au-Prince’s newly reconstructed hotels. In the end, all parties signed what has come to be known as the El Rancho Accord that commits us to elections in October.

As part of the pact, our government agreed to most of the opposition’s demands, including reshuffling the cabinet. And, over the course of the past month, we have steadfastly demonstrated our commitment to every facet of the El Rancho Agreement.

Unfortunately, despite the consensus achieved at El Rancho, a faction of the opposition has systematically blocked the implementation of Haiti’s first all-inclusive political agreement. Through their actions — that include everything from not fulfilling the terms of the accord to staging violent demonstrations around the country — these politicians are undermining Haiti’s democracy.

If these politicians get their way, the specter of instability and a return to the era where corrupt practices created opportunities only for politicians, not for the people, is a real possibility. The efforts to delay elections have stalled the legislative branch, which must approve key elements of the El Rancho Accord. Often violent demonstrations staged by these politicians have promoted an unconstitutional and premature end to our government.

So far their actions have served only to project a false image of a chaotic Haiti and to deter much-needed foreign investment and job growth opportunities that our economy depends on.

Our efforts to implement the El Rancho Agreement and to move Haiti toward elections have been endorsed by the Organization of American States (OAS). Other international organizations such as the United Nations and the Club de Madrid are also aware and supportive of our honest efforts to move toward elections.

Our government will continue to be committed to democratic elections, the El Rancho agreement and the vision of a prosperous Haiti. I hope that those few individuals who are holding our country hostage can see the light and allow the terms of the agreement to go forth so that we can finally elect our legislative and municipal authorities.

25 January 2014 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Bilan de l’année 2013 en Haïti

Dans l’État moderne que l’administration Martelly / Lamothe s’acharne à édifier, il y a une chose qui me semble capitale : la reddition de comptes. Le Gouvernement se doit de rendre des comptes à la population et au monde entier, pour lui montrer le chemin parcouru jusque-là. C’est le mois de janvier et j’aimerais profiter de cette tribune pour faire un bref bilan des réalisations de notre gouvernement pour l’année 2013 et depuis que nous sommes en poste.

Parlons d’abord des camps de réfugiés. Depuis 2010, nous avons fermé plus de 11 200 sites et relocalisé plus de 1,3 millions de personnes. C’est là un grand tour de force. Nous travaillons sans cesse pour venir en aide à ceux et celles qui vivent encore dans les quelques camps restants.

Sur le plan de la sécurité, le bilan est très positif cette année. Pour une 3ième consécutive, le nombre d’enlèvements a diminué et a atteint son taux le plus bas depuis 2009. Même chose pour le nombre de meurtres, qui est en baisse continue depuis 2010.

Nous avons construit le local du CIMO et deux postes de sous-commissariat à Léogane. À travers une vaste campagne de sensibilisation, nous tentons de changer la culture du pays et invitons les gens à dénoncer les criminels, particulièrement ceux des gangs. Nous avons établi un plan contre le kidnapping et il porte déjà ses fruits. Nous avons réhabilité le bureau d’immigration de Belladères et construit la base maritime des Cayes. Toutes ses mesures et bien d’autres ont contribué aux bons résultats de 2013.

Le pays que nous construisons est aussi un pays plus juste et c’est pourquoi nous investissons dans la construction de cours de justice à travers tout le territoire. C’est donc huit (8) tribunaux de paix qui ont été construits, dont chacun abrite un Office de l’état civil et un bureau de l’Office national d’identification. Nous avons aussi réhabilité quatre (4) tribunaux de première instance, la cour d’appel de Cap-Haïtien ainsi que celle des Cayes.

Dans la Cité administrative, nous reconstruisons le Parlement et la cour de Cassation, de même que la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, en plus de cinq (5) bâtiments publics : la Villa d’accueil, le Centre de convention du BRH, le MCI et le CFI, le MICT et le MAE. Le cœur de Port-au-Prince est en plein changement.

Ailleurs dans le pays, nous bâtissons des centres administratifs et culturels aux Cayes, à Hinche et aux Gonaïves. Des centaines de projets communaux sont en branle, allant de la construction de bibliothèques, de centres de santé, de terrains de jeux, de gares routières et de places publiques, à la réfection de rues et d’écoles.

Le bouillonnement observé sur le terrain se traduit également en chiffres : Le PIB a connu une croissance de 4,3 % en septembre 2013 contre 2,9 % en septembre 2012. Concrètement, les exportations sont en hausse de 2 % et les investissements publics, de 8 %. Le taux d’inflation, lui, a baissé à 4,5 % pour la même période contre 6,5 % en 2012, une baisse de 2 % sur un an. Ce sont là les effets positifs de notre politique monétaire. Cela nous permet également d’améliorer l’offre de produits alimentaires locaux.

J’ai toujours pensé qu’Haïti se devait d’être autosuffisant en matière d’alimentation et c’est en ce sens que nous avons mis sur pied un plan agricole en cas d’urgence, de même qu’un plan de relance audacieux qui devrait nous permettre d’augmenter notre autosuffisance de 60 %, tout en doublant nos exportations et en nous permettant d’augmenter de 40 % le revenu per capita dans le milieu rural. L’agriculture a connu un boom en 2013, avec un taux de croissance de 4,6 % en 2013 contre -1,2 % en 2012.

Le secteur industriel a lui aussi été stimulé. 48 projets sont présentement en cours pour un total de 698 millions de dollars US engagés, dont 473 millions proviennent d’investisseurs nationaux. Et nous n’avons pas mis tous les œufs dans le même panier, sachant fort bien que la diversification est primordiale à notre essor économique. Tourisme, assemblage, énergie, infrastructures, équipement, exploitation des granulats… Notre stratégie est très diversifiée.

L’exploitation de nos ressources touristiques s’est poursuivie et a même accéléré en 2013, avec des investissements massifs à l’Île-à-Vache, Côte-de-Fer, Fort-Liberté, Jacmel, au Cap, à Milot et à la Citadelle, ainsi qu’au Môle-Saint-Nicolas. Ce sont là les destinations touristiques de demain.

Haïti, c’est la Perle des Antilles et c’est pourquoi nous avons poursuivi notre travail de protection du territoire et de l’environnement, d’abord à travers la sensibilisation, mais aussi par le renforcement de la surveillance. Nous avons également consolidé l’endiguement de 350 km de berges et procédé à des activités de boisement et de reboisement sur plus 20 000 hectares.

Nous avons réhabilité plusieurs quartiers populaires, dont Jalousie, en peinturant et crépissant plus de 3500 maisons. Nous y construisons également des ministades pour nos jeunes, nous revêtons les routes et bétonnons plus de 2500 mètres carrés de corridor.  Nous électrifions Mont-Hercule, Nérette, Morne Lazarre, Sainte-Marie et Bristout, pour ne nommer que ces quartiers où nous posons aussi des lampadaires, revêtons les routes et assainissons les installations.

Haïti est un véritable chantier! Nous entreprenons la construction de nombreux logements sociaux. Plus de 10 000 unités pour 2014! Notamment à Morne-à-Cabris, à Bowenfield et à l’Île-à-Vache. Sur tout le territoire haïtien, c’est plus de 700 km de routes qui ont été construites. Nous dressons des ponts à Mancel, Acul, Desmarais, Dolin et Carrefour, entre autres. Nous avons rénové l’aéroport de Port-au-Prince et en bâtissons d’autres au Cap-Haïtien, aux Cayes et à l’Île-à-Vache.

En éducation aussi, de nouveaux bâtiments apparaissent. Que ce soit les six (6) dortoirs et les trois (3) résidences de l’Université d’État d’Haïti Henry Christophe, ou bien les quatre (4) centres de formation professionnelle et technique au Cap, à Milot, à Trou-du-Nord et à Jérémie, l’État est là pour créer ces lieux où la jeunesse de demain se dotera des outils pour édifier notre Haïti chérie.

Le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire rejoint pour sa part de plus en plus d’enfants. L’école gratuite était accessible pour 1 591 871 enfants en 2013, contre  1 212 580 enfants en 2012. Nous avons aussi permis à 133 000 adultes d’aller apprendre à lire et à écrire. L’administration Martelly / Lamothe fait de l’éducation une priorité et la bonne vingtaine de lycées en construction à travers le pays en témoigne elle aussi.

Dans notre bataille contre le choléra, nous avons construit 400 structures sanitaires et avons réduit de 51 % le nombre de cas. Plusieurs hôpitaux ont été réhabilités, notamment aux Gonaïves, à Bon Repos, Croix-des-Bouquets, Saint-Pierre-de-Corail et Saint-Michel.

Nous continuons notre effort de solidarité sociale et je suis fier du fait que le programme EDE PEP soit maintenant disponible à la grandeur du pays! Il y a maintenant 245 restaurants communautaires, avec plus 1 950 000 bénéficiaires par mois. Nous avons distribué 750 000 Paniers de solidarité. 100 000 mères ont été aidées par le programme TI MANMAN CHERI. Nous avons servi 1 200 000 repas chauds avec KANTIN MOBIL, subventionné 27 300 étudiants, aidé 2000 handicapés, sans parler des kits de semence et de pêche à plus de 64 000 travailleurs. Enfin, nous avons donné 210 000 Bons de solidarité, toujours dans le désir de venir en aide rapidement aux plus vulnérables de la société.

Sur le plan culturel, nous construisons trois (3) salles de spectacles ou théâtre dans Port-au-Prince et une belle bibliothèque à Léogane. Nous avons aussi tenu à préserver notre patrimoine en protégeant la Citadelle Laferrière, trésor historique des Caraïbes et de notre histoire. Des complexes sportifs sont aussi en chantier à Jacmel, Ouanaminthe, aux Gonaïves, aux Cayes, à Mirebalais et à Bristout.

Enfin, pour nourrir cet effort économique sans précédent dans l’histoire d’Haïti, nous avons augmenté la puissance de la centrale thermique de Saint-Marc et réhabilité la centrale de Carrefour, de même que construit une centrale électrique au Parc industriel de Caracol. Nous avons électrifié plusieurs communes, tels que Gros-Morne, Cerca Cavajal, Ennery et Maïssade. L’axe Bourdon – Canapé Vert est enfin éclairé, de même que la commune Saint-Louis-du-Sud.

Nous avons augmenté de 6,55 % nos clients actifs en électricité entre juin et octobre 2013 seulement, et nous avons réduit nos pertes d’énergie de 5 %. Nous regardons aussi du côté de l’énergie renouvelable et avons placé pas moins de 5000 lampadaires à panneau solaire dans le pays, sans parler des efforts effectués dans la commune de l’Arcahaie pour utiliser de la biomasse et du biodiesel.

La liste des accomplissements de l’administration Martelly / Lamothe en 2013 est très longue, et je n’ai pourtant dressé là qu’un portrait sommaire. Il reste tant à faire… Je répète souvent que nous faisons beaucoup avec peu, et je pense que le bilan de 2013 en constitue une autre preuve solide. Haïti progresse… Haïti avance… Haïti est ouvert aux affaires… Ce sont plus que des slogans. Ce sont désormais des réalités bien établies.

9 January 2014 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

L’école gratuite en Haïti

L’éducation est l’un des nombreux défis que notre pays a décidé de relever. La raison est simple : un peuple éduqué est un peuple moins pauvre. Je dirais même qu’un peuple éduqué, c’est une ressource naturelle d’une richesse inestimable.

Avant que l’administration Martelly / Lamothe n’entre en fonction, 91% du système d’éducation était privé. Il était aussi très couteux. Avec un coût moyen de 200 $ par enfant, peu de familles pouvaient se permettre d’envoyer leurs enfants à l’école. Faites le calcul : une famille haïtienne a en moyenne de 4 enfants et un revenu moyen de 1300 $ par année… On parle d’environ 70 % du revenu familial! Cette situation était inadmissible.

Notre gouvernement a donné l’accès à l’éducation à 1,2 millions d’enfants à travers son programme d’école gratuite. C’est plus de 10 000 écoles qui sont couvertes par cet effort social sans précédent dans l’histoire d’Haïti. Il reste toutefois encore du travail à faire, puisque 1,3 millions d’enfants doivent toujours, s’ils veulent aller à l’école, passer par le système privé. Nous tentons présentement de trouver des solutions pour joindre cette portion restante de la population.

Comment arrivons-nous à financer l’école gratuite? C’est bien simple. Nous avons mis en place une mesure de financement permanente : 0,05 $ de surcharge sur tous les appels entrants en Haïti et 1,50 $ de frais pour tous les transferts d’argent internationaux.

Haïti n’a jamais eu de véritable programme social. C’est la première fois qu’une administration fait autant d’efforts pour venir en aide aux moins bien nantis du pays. Selon moi, il va de soi que l’État protège ses citoyens plus vulnérables. Même les pays très riches, tels que les États-Unis, ont des programmes sociaux pour assurer une certaine justice sociale. Il est dans l’ordre moral des choses que l’administration Martelly / Lamothe fasse tout en possible pour combattre la pauvreté extrême, de même que l’ignorance et l’analphabétisme.

Le programme d’école gratuite fonctionne et est en constant développement. Nous y travaillons en permanence, car l’éducation sera l’un des outils fondamentaux de l’émergence économique et sociale du pays.

11 December 2013 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Haïti rend hommage à Nelson Mandela

Haïti, première République noire du monde, a rendu hier un hommage appuyé à Nelson Mandela, ce symbole de la lutte universelle pour l’égalité des races humaines et la démocratie. Le Président de la République, S.E.M. Michel Joseph Martelly était à Johannesburg pour assister aux obsèques officielles de l’ancien président sud-africain.

En ces tristes lendemains, j’aime à croire que le départ de ce héros mythique nous inspirera tous et toutes, ici, en Haïti, à passer outre nos différences et à prendre exemple sur son grand cœur, lui qui voulait avant tout réconcilier les hommes et qui y est parvenu, malgré l’ampleur des crises politiques qui a dû traverser.

C’est un monument de l’histoire qui est disparu, une histoire de justice et de dignité que nous aurons la tâche d’honorer désormais, en tant qu’hommes et femmes, à travers nos actions et nos pensées envers nos frères et sœurs.

6 December 2013 | PORT-AU-PRINCE, Haïti

Moins de corruption en Haïti

Comme chaque année, Transparency International a rendu public son Index de perception de corruption. Selon cet organisme indépendant, Haïti est perçu comme étant moins corrompu depuis l’arrivée de l’administration Martelly / Lamothe.

Encore cette année, notre pays a progressé dans l’index, passant du 165e au 163e rang. C’est bien peu, direz-vous, et je serai le premier à être d’accord avec vous. Tout de même, c’est un signe de progression et un encouragement à continuer sur la voie de la lutte contre la corruption.

Évidemment, je pense que nous pouvons faire encore mieux. Je souhaite voir Haïti se hisser parmi les 100 premiers pays dans cet index. C’est un objectif qui est à notre portée. Plus Haïti renforcera ses lois et la crédibilité de ses institutions démocratiques, et plus la perception que le monde aura de notre pays s’améliorera, ce qui, nécessairement, aura des répercussions bénéfiques sur tous les aspects de la vie économique et sociale haïtienne. C’est pourquoi l’administration Martelly / Lamothe investit beaucoup pour tenter de vaincre ce fléau qui gangrène le pays depuis trop longtemps.

En ce sens, l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), dirigée par l’ancien colonel Antoine Altouriste, fait un travail remarquable, mais elle a besoin d’un soutien législatif plus fort. Nous attendons toujours que la Chambre basse adopte le projet de loi qui lui a été présenté et qui incriminerait 17 cas de corruption, dont les pots de vin, la surfacturation et le détournement pour ne nommer que ceux-là.

Sans conséquence légale grave, les criminels ont le beau jeu de continuer à faire comme bon leur semble. La loi à être adoptée prévoit des sentences de 3 à 15 ans pour les personnes reconnues coupables. Voilà qui en ferait réfléchir plus d’un avant de commettre un acte de corruption.

L’administration Martelly / Lamothe continue à faire de la lutte contre la corruption une priorité. Nous avançons lentement, mais nous y arriverons. Comme la majorité de Haïtiens et Haïtiennes, j’espère que la Chambre basse prendra ses responsabilités et adoptera le projet de loi incessamment. C’est le bien-être commun de nous tous, ultimement, qui est en jeu dans ce dossier.